Qualifiés pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations en Tanzanie, les Lions U17 ont décroché par la même occasion leur billet pour la Coupe du Monde qui aura lieu au Brésil en novembre prochain. Les Lionceaux gouteront donc de nouveau au Mondial pour la première fois 2003. Grand artisan de ce succès, Thomas Libiih s’est confié au micro de la Confédération Africaine de Football. L’entraineur des U17 du Cameroun a su transmettre son expérience lui qui avait participé aux Coupes du Monde 1990 et 1994 avec les Lions indomptables. 

Qu’est-ce que vous vous êtes dit au coup de sifflet final après la victoire (2-1) contre le Maroc au Chamazi Stadium de Dar-es-Salam ?

Thomas Libiih : J’ai remercié d’abord les enfants de m’avoir permis de vivre de telles émotions. Ils m’ont permis d’atteindre l’objectif de retourner à la Coupe du monde comme coach après y avoir été à deux reprises comme footballeur. C’est un objectif que nous nous sommes fixés en venant ici en Tanzanie et les enfants m’ont aidé à le relever haut la main. C’est très bien pour le football camerounais et certainement nous osons espérer que cette qualification va jeter un coup de projecteur sur le football des jeunes qui est souvent le parent pauvre dans la gestion du sport dans notre pays.

Comment êtes-vous arrivés à ce football de jeunes, vous qui avez connu le très haut niveau en tant que footballeur ?

Vous savez, pendant ma carrière de footballeur, j’ai déjà remarqué le manque d’encadrement des jeunes footballeurs et je me suis senti une envie d’en faire mon métier. A la fin de ma carrière, après avoir coaché dans mon pays et au Gabon, j’ai décidé de me consacrer aux jeunes d’où la création de mon école de football qui regroupe plus de 400 jeunes. Ce n’est pas toujours évident mais on essaie avec nos propres moyens de prendre en charge de jeunes personnes pour les aider à vivre leur passion. Nous avons déjà eu les premiers lauriers avec des jeunes de mon école qui ont signé en professionnels en Europe mais avec cette qualification en Coupe du monde, c’est une consécration.

Et maintenant peut-on considérer cette qualification comme la sanction positive de votre engagement auprès des jeunes ?

Je ne vais pas me lever et taper ma poitrine pour dire que je l’ai fait. Je suis dans un staff avec des gens compétents et nous avons essayé ensemble de tirer ce groupe vers le haut. C’est une très bonne chose pour le football camerounais et pour toutes les personnes qui se battent avec des moyens dérisoires pour sortir des enfants de la rue. Oui, je ne vais pas le nier, c’est un grand succès et une satisfaction personnelle d’avoir vu le début de la concrétisation de mes idées. 

Maintenant que le premier objectif est atteint, que vous reste-t-il ?

Nous sommes des compétiteurs, il y a un premier objectif qui a été atteint dans cette poule relevée avec des équipes jouant très bien au football. Maintenant, nous sommes prêts à faire face à toutes les équipes et à aller au bout de la compétition. Ce sera la cerise sur le gâteau mais soyez certains que nous ne ménagerons aucun effort pour aller au bout de cette CAN U17 qui, du reste est une compétition très relevée.

Comment voyez-vous l’introduction de l’IRM ?

Une très belle idée. C’est très bien que des enfants puissent jouer entre eux. Moi, j’approuve totalement et j’applaudis des deux mains cette initiative de la CAF d’aller dans une meilleure traçabilité de ce football des jeunes qui a besoin du soutien des autorités confédérales.

Votre mot de la fin ?

Comme pour les équipes seniors, j’espère que la CAF va accompagner nos quatre représentants en Coupe du monde mais au-delà,  le football des jeunes qui manque de tout en termes de moyens matériels et humains. Ce football est démuni et a besoin d’un soutien en termes de formation de techniciens.

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