Ancien grand attaquant, Samuel Eto’o continue à mettre des contre-pieds. Alors que Gianni Infantino traverse la plus grave crise de sa présidence, Samuel Eto’o est monté au créneau. Dans une sortie ce lundi sur CNN, relayée par The Athletic, le président de la FECAFOOT a réaffirmé son soutien inconditionnel au patron de la FIFA alors qu’il est contesté de toutes parts :
« Le président Gianni Infantino a changé le football. Il a donné des opportunités à des nations qui n’avaient pas la chance de participer au plus beau des tournois, la Coupe du Monde. Il a permis aux petites nations d’avoir une place dans ces compétitions. Il a aidé notre continent. Il a aidé nos fédérations à se développer beaucoup plus rapidement, et nous devons le reconnaître. Nous devons accepter et reconnaître ce qu’il a fait, et nous devrions le soutenir pour tout ce qu’il a accompli jusqu’à présent » a t-il déclaré.
Une prise de position qui va à contre-courant du climat actuel. Gianni Infantino traverse la pire crise depuis son arrivée en 2016, après son projet avorté de vendre des parts commerciales de la FIFA à une entreprise privée via une filiale américaine à des milliards de dollars. Un projet qui malgré son retrait a brisé la confiance avec l’UEFA, une partie de l’AFC et une partie de la CONCACAF, qui font pression pour sa démission.
Pire, son avenir juridique est même menacé. Selon The Athletic, l’ONG FairSquare a saisi la Commission de Gouvernance de la FIFA pour le déclarer inéligible, estimant qu’il a déjà effectué le maximum de trois mandats autorisés. L’organisation conteste son argument de 2022 selon lequel son premier mandat débuté en 2016 après la démission de Sepp Blatter ne compterait pas car il terminait un mandat interrompu. Le vote pour le cycle 2027-31 est prévu le 18 mars au Maroc et le dirigeant suisse est pour le moment l’unique candidat en lice.
Face à cette fronde occidentale, l’Afrique a officiellement fait bloc. Le continent a affirmé son soutien inconditionnel à Infantino, qui continue donc de e bénéficier du soutien de la CAF malgré la pression européenne. Et c’est Samuel Eto’o qui porte désormais ce soutien à voix haute. En se prononçant sur CNN, il devient le premier ancien joueur à apporter publiquement son soutien à Infantino, alors que d’autres anciens footballeurs comme Luis Figo, Silvestre ou Emmanuel Petit ont appelé à son départ.
Un choix politique pleinement assumé par l’ancien numéro 9 des Lions Indomptables, qui a d’ailleurs appelé les différentes Confédérations à réexaminer le projet FIFA Forward de Gianni Infantino pour en avoir une meilleure compréhension :
« Il a fait une proposition, les 211 membres étaient censés s’asseoir, débattre de la question et laisser la majorité l’emporter. Mais je suis convaincu que les voix qui se sont élevées, ce n’étaient pas celles de la majorité. Il y avait besoin de débat. On aurait dû discuter de si c’est une bonne chose ou non. Je veux voir tous mes collègues, tous les présidents, relire le projet. Après la réélection du Président Infantino, nous aurons la force de demander que ce projet soit remis sur la table pour discussion. S’il y a un vote démocratique, et si ce projet est jugé bon pour la majorité, alors il sera adopté. » a t-il ajouté.
Alors que l’UEFA réclame la tête du patron de la FIFA, l’Afrique, elle, lui réaffirme son soutien inconditionnel. Et Samuel Eto’o s’impose comme le porte-voix de ce bloc africain, au nom du développement des fédérations, de l’élargissement de la Coupe du Monde à 9 places assurées pour l’Afrique et de l’ouverture des opportunités à tous. Une sortie qui pèsera donc lourd à 7 mois du vote de Rabat. Reste à savoir si cette voix de l’Afrique suffira à faire taire la fronde.