Mémoire des Lions

CAN 1988 : Le Cameroun conquiert le Maroc et règne sur l’Afrique

En mars 1988, le Cameroun a confirmé son statut de grande puissance du football africain. Au Maroc, les Lions indomptables ont remporté leur deuxième Coupe d’Afrique des nations, quatre ans après leur premier sacre en Côte d’Ivoire. Une conquête marquée par la résistance collective, l’expérience de Roger Milla et des victoires qui ont forgé la légende de cette génération.

Après avoir échoué en finale de la CAN 1986 face à l’Égypte, le Cameroun de Claude Le Roy abordait le tournoi avec l’ambition de retrouver le sommet continental. Dans un groupe B relevé, les Lions ont commencé par dominer les Égyptiens (1-0), grâce à un but de Roger Milla dès la 5e minute. L’attaquant a ensuite marqué contre le Nigeria (1-1), avant un match nul sans but face au Kenya (0-0). Avec quatre points, le Cameroun a décroché sa qualification pour les demi-finales.

Makanaky fait tomber le pays hôte

Le 23 mars 1988, les Lions indomptables affrontent le Maroc, pays organisateur, au stade Mohammed-V de Casablanca. Face à une sélection marocaine portée par son public, les Camerounais doivent faire preuve de patience et de discipline.

Alors que la rencontre semble se diriger vers un match nul, Cyrille Makanaky trouve la faille à la 78e minute. Son but offre une victoire précieuse au Cameroun (1-0) et propulse les hommes de Claude Le Roy en finale. Dans un contexte particulièrement exigeant, les Lions viennent de franchir l’un des obstacles les plus difficiles de leur parcours.

Emmanuel Kundé offre une deuxième couronne

Le 27 mars 1988, le Cameroun retrouve le Nigeria en finale. Les deux sélections se connaissent bien après leur confrontation en phase de groupes. Cette fois, l’enjeu est le trophée continental.

À la 55e minute, Emmanuel Kundé transforme un penalty et inscrit l’unique but de la rencontre. Le Cameroun s’impose 1-0 et décroche sa deuxième étoile africaine. Après le sacre de 1984, les Lions confirment leur place parmi les références du continent, avec trois finales consécutives disputées en 1984, 1986 et 1988.

Roger Milla, le patron d’une génération

Au-delà du titre collectif, Roger Milla s’illustre une nouvelle fois sur la scène africaine. Auteur de deux buts, l’attaquant camerounais est désigné meilleur joueur du tournoi et partage le titre de meilleur buteur avec l’Algérien Lakhdar Belloumi, l’Égyptien Gamal Abdelhamid et l’Ivoirien Abdoulaye Traoré.

Le gardien Joseph-Antoine Bell est également récompensé pour ses performances. Stephen Tataw, Emmanuel Kundé, Émile Mbouh et Louis-Paul M’Fédé figurent eux aussi dans l’équipe type du tournoi, selon les archives historiques de la compétition.

Cette génération ne s’est pas construite autour d’un seul homme. La solidité défensive, l’expérience de ses cadres et la capacité de plusieurs joueurs à répondre présents dans les moments décisifs ont constitué les fondations de son succès.

Au Maroc, les Lions indomptables ont ainsi ajouté une deuxième couronne à leur palmarès. Une conquête qui a renforcé leur statut de géants du football africain et laissé une empreinte durable dans la mémoire des supporters camerounais.

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