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Le Canon de Yaoundé ne lâche pas Nathan Doualla même au Soudan

Le transfert de Wilfried Nathan Doualla vers Al Merrikh au Soudan tourne au bras de fer. Le Canon Sportif de Yaoundé retient le Certificat International de Transfert du joueur, en fin de contrat depuis le 5 juillet dernier et freine ainsi son enregistrement pour la saison prochaine. Une situation qui interroge une fois de plus sur le respect des règles et le professionnalisme dans l’élite camerounaise.

Arrivé au Canon en juillet 2025 pour une saison, le milieu offensif camerounais de 20 ans a paraphé un contrat avec Al Merrikh, club évoluant en première division soudanaise cet été. Mais depuis, le dossier est bloqué. Le club camerounais exige une indemnisation avant de libérer le CIT du joueur, au motif de compenser son départ. Une position que rejettent les textes de la FIFA.

Sur le plan interne, le mécontentement des dirigeants du Kpa-Kum est palpable. Selon des sources proches du club, Nathan Doualla était le plus gros salaire de l’effectif et était au petit soin. On lui reproche une présence irrégulière aux entraînements, des absences justifiées par des blessures alors qu’il prenait part à d’autres rencontres, et surtout la signature d’un contrat avec Al Merrikh alors que le championnat comptait encore cinq journées à disputer.

Pourtant, sur le plan réglementaire, le droit est clair. L’article 18 du Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs de la FIFA stipule qu’un joueur en fin de contrat est libre de tout engagement. Aucune indemnité de transfert ne peut être réclamée. La seule formalité est la délivrance du CIT par la fédération d’origine, en l’occurrence la FECAFOOT, dans un délai de 7 jours via la plateforme TMS. Conditionner cette délivrance à un paiement constitue une rétention abusive.

En s’entêtant, le Canon Sportif de Yaoundé prend des risques. Le club s’expose à des sanctions financières de la FIFA, à la délivrance d’un CIT provisoire à la requête d’Al Merrikh, et surtout à une nouvelle dégradation de l’image du championnat camerounais sur la scène internationale déjà entachée par de nombreux scandales. Pendant ce temps, la carrière du joueur est gelée, faute de document administratif indispensable pour son avenir au sein du club.

Au-delà de l’aspect juridique, ce dossier soulève la question du professionnalisme. Entre clubs qui veulent contourner les règles et joueurs à la discipline parfois douteuse, le football camerounais peine à s’aligner sur les standards internationaux. Le cas Nathan Doualla n’est pas isolé. Il est le symptôme d’un mal plus profond: celui d’un football où les intérêts à court terme prennent souvent le pas sur le respect des textes. Et au finish, c’est l’image du football camerounais qui en paie le prix.

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