Lions Indomptables

Lions Indomptables : David Pagou sur une corde raide

Le Cameroun est resté à flot. Uniquement à flot. Et il ne le doit à personne d’autre qu’à son gardien. Face au Congo, encore une fois, les Lions Indomptables version David Pagou ont affiché un visage insipide, sans maîtrise, sans idée. Si le Cameroun ne sombre pas, c’est grâce à son dernier rempart, auteur de six arrêts décisifs, dont cette envolée spectaculaire pour éviter le but du break. Six parades. Sans lui, c’était la noyade. Et le gardien a fini, de loin, meilleur joueur camerounais de la rencontre. C’est peu dire sur le naufrage collectif. Mais le plus inquiétant n’est même pas le contenu du match. C’est la sélection elle-même.

Comment peut-on convoquer des joueurs de seconde zone, des remplaçants de deuxième division suédoise, des profils sans aucune carrure internationale pour porter le maillot du Cameroun, quintuple champion d’Afrique ? Pendant ce temps, des cadres qui auraient pu apporter de l’expérience, de la stabilité et du caractère comme Harold Moukoudi, Nouhou Tolo et Dina Ebimbe sont laissés à quai sans explication cohérente. Sur quels critères Pagou compose-t-il son groupe ?

Et que dire de son système ? Ce 3-5-2 dont il est amoureux et qu’il refuse de modifier, peu importe l’adversaire, peu importe le contexte. Un système rigide, prévisible, qu’il ne parvient même pas à adapter. Face au Congo, on a vu les mêmes failles que face aux Comores ou en FIFA Series : des couloirs abandonnés, un milieu débordé, aucune animation. Il s’accroche à son schéma comme à un dogme, même quand il coule l’équipe.

On nous parle de résultats. Oui, on a battu les Comores 3-1 mais dans la manière, ce fut tout sauf brillant. Oui, on a gagné contre la Chine en FIFA Series, mais c’était une équipe largement à notre portée. Et on a perdu contre l’Australie en montrant les mêmes limites. Le problème, ce n’est pas le comptable, c’est la trajectoire.

Après la CAN au Maroc, on avait pourtant vu quelque chose se dessiner. Une base, une continuité possible. On espérait que Pagou allait façonner, bonifier cet héritage. Au lieu de ça, on a retrouvé une toute autre équipe, avec une flopée de nouveaux joueurs qui, pour la plupart, n’ont même pas disputé la CAN. On a tout cassé pour tout recommencer, sans logique.

Aujourd’hui, avec Pagou, on ne sait pas où va le Cameroun. On avance la tête baissée, sans direction, sans projet de jeu. Cette équipe ne fait plus peur à l’adversaire. Pire : c’est elle qui fait peur à ses propres supporters.

Si pour le moment l’option de son licenciement ne semble pas à l’ordre du jour, le coach doit impérativement se remettre en question. Il va devoir redorer son blason et celui des Lions Indomptables lors des prochaines échéances, notamment lors du match amical contre la Côte d’Ivoire le 3 octobre prochain. La prochaine fenêtre internationale lors de laquelle le Cameroun affrontera la Namibie dans une double confrontation déjà ultra-décisive pour la qualification à la CAN aura inévitablement un impact sur son avenir à la tête de l’équipe nationale.

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