C’est un nouveau revers judiciaire pour l’Etat camerounais dans le dossier du complexe sportif d’Olembe. Selon RFI, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), juridiction arbitrale basée à Washington, a condamné le Cameroun à verser 78,5 millions d’euros au groupe italien Gruppo Piccini. La décision, datée du 4 septembre 2026, a été rendue publique ce 8 septembre.
A l’origine du conflit, l’éviction de Piccini du chantier en novembre 2019. Première entreprise engagée sur le projet phare de la CAN 2021, le constructeur italien avait estimé cette rupture abusive et avait saisi le Cirdi. Il réclamait 250 milliards de FCFA, soit 381 millions d’euros, d’indemnisation. La juridiction ne lui a accordé qu’une partie de sa demande : 17 milliards de FCFA d’indemnité principale, plus frais de procédure, pour un total d’un peu plus de 50 milliards de FCFA, rapporte RFI.
Le Cirdi motive sa condamnation par une expropriation illégale et estime que l’Etat camerounais a manqué d’accorder à son ancien partenaire un traitement juste et équitable. Une décision lourde de sens qui relance le débat sur la gestion des grands projets d’infrastructure au Cameroun.
Côté camerounais, la bataille juridique n’est pas terminée. L’Etat a déjà annoncé son intention de faire appel devant le Cirdi, tout en ouvrant une autre procédure devant la chambre d’arbitrage internationale de Paris, précise RFI. Mais le dossier Olembe continue de s’enliser. Huit ans après son lancement, pour un coût initial de 163 milliards de FCFA qui a connu plusieurs rallonges, le stade et ses infrastructures annexes ne sont toujours pas achevés.
Après Piccini, l’Etat a confié le chantier dans la précipitation au canadien Magil Construction, qui réclame à son tour des dizaines de milliards d’impayés. C’est le même schéma qui se répète : marchés attribués sans transparence, résiliations unilatérales, rallonges budgétaires sans fin et aucun contrôle. Annoncé à 163 milliards de FCFA, le complexe d’Olembe a déjà englouti plus du double, pour une enceinte inachevée où les Lions n’ont plus joués depuis la CAN 2021. La condamnation du Cirdi pour expropriation illégale et défaut de traitement juste et équitable ne fait que confirmer ce que tout le monde voit : une gestion improvisée, politisée et dispendieuse, dont le contribuable camerounais va devoir payer la facture de 78,5 millions d’euros.