Tournoi Geremi Njitap : Abel Chilacha à la recherche de la perle rare - Allez Les Lions
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Tournoi Geremi Njitap : Abel Chilacha à la recherche de la perle rare

Comme chaque année, le tournoi Geremi Njitap attire les recruteurs. L’édition 2022, qui se déroule du 20 au 25 juin, ne fait pas exception à la règle. Le Chamois Niortais, toujours à la recherche de la perle rare, a déployé l’artillerie lourde pour signer les meilleurs éléments du tournoi. C’est dire que le club de Ligue 2 entretient une longue histoire d’amour avec les joueurs camerounais. Didier Lamkel Ze, Dona Ndoh et plus récemment Darlin Yongwa sont passés par le club de l’Ouest de la France.
Chilacha Chijou Abel, plus connu sous le nom de Coach Mike, est le recruteur attitré du Chamois Niortais en charge de superviser le tournoi pendant quelques jours. Approché par notre rédaction, l’entraîneur camerounais a bien voulu répondre à nos questions pour nous éclairer sur son travail et son parcours. 

En premier lieu, pouvez-vous revenir sur votre parcours dans le football ? 

Après avoir terminé mon parcours de joueur qui m’a emmené respectivement à Sheffield en Angleterre et à Grenoble, j’ai commencé ma carrière d’entraîneur avec les jeunes du PSG, ensuite j’ai entraîné aux États-Unis à Keyston Athlétic où j’avais la responsabilité de la préformation. Après ça, je suis revenu en France au FC Rueil-Malmaison avant de m’engager en Mayenne où j’ai eu la chance d’être champion de Mayenne et vainqueur de la coupe des pays de la Loire pour la catégorie U17. Je suis également passé par l’Académie Kampos qui est une initiative d’un de mes anciens joueurs qui m’avait proposé de venir travailler avec lui. Depuis deux ans, je suis en charge du recrutement pour le Chamois Niortais qui évoluent en Ligue 2 française. En outre, je suis titulaire de la licence UEFA A, une formation qui m’a permis de faire mon stage au PSG et à l’Ajax Amsterdam. C’était une expérience très enrichissante. Il y a en Europe beaucoup d’entraîneurs camerounais très compétents qui aimeraient travailler pour leur pays. Hélas le manque de perspective et de vision de notre football leur en empêche.
On espère tous qu’avec le président de la FECAFOOT, les choses vont aller dans le bon sens car je suis persuadé que lui seul détient la clé de notre développement. Laissons lui le temps et les résultats suivront. 

Abel Chilacha avec Sammy Traoré (ancien PSG) après avoir passé son diplôme d’entraîneur UEFA

Quelle est la nature exacte de ton travail avec Niort ?  

Je suis le responsable du recrutement des Chamois Niortais en région parisienne. Je suis en charge de prospecter les joueurs de la catégorie U18 à U23. Mon rôle consiste à couvrir un maximum de matches afin de repérer plusieurs profils qui me permettront ou pas de revenir. Tout dépendra de ce que j’ai vu. Ensuite, je fais des rapports aux responsables sportifs qui, eux, viendront confirmer ou infirmer mon observation. Il faut noter que tout se fait en parallèle des besoins du club. C’est très enrichissant sur les plans personnel, professionnel et humain.

Quel est le but de votre présence au Cameroun ?
Pour la deuxième année consécutive, je suis présent au Cameroun pour le tournoi Geremi Njitap qui clôture la saison régulière pour les catégories U15-U17. L’objectif de ma présence au Cameroun est de suivre  les joueurs  que j’ai vu l’année dernière afin de voir leur évolution, savoir comment ils progressent surtout pourceux qui ont changé de catégorie. Je souhaite découvrir d’autres joueurs et signaler les profils intéressants. Les études de la FIFA montrent qu on est à peu près certain qu un gamin fera carrière à partir de 19, 20 ans donc c’est très aléatoire. 

Programme du tournoi Geremi Njitap


Un mot sur les récentes performances des Lions indomptables ?
Les Lions indomptables ont atteint leurs objectifs en se qualifiant pour la Coupe du Monde 2022 et en remportant leur premier match des éliminatoires de la CAN 2023. Cependant, sur le plan du jeu, on doit faire beaucoup plus.
Au haut niveau, tu ne peux pas gagner sur la durée sans projet de jeu. Il faut laisser un minimum de temps au  sélectionneur afin qu il puisse mettre ses principes de jeu en place même s’il est vrai qu’en sélection, en dispose de moins de temps qu’en club mais c’est à lui de s’adapter.
 

Que pensez-vous de la nouvelle ère que connait le football camerounais notamment avec l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la FECAFOOT ?
Le président de la FECAFOOT, contrairement à ce qui se faisait avant, essaye à son humble niveau de restructurer le football national dans son ensemble en mettant l’accent sur l’équipe nationale. Il doit en outre, et je pense qu’il l’a dans un coin de sa tête, reformer le football jeunes de l’école de foot jusqu’à la post formation. Il s’agit de l’essence même du football et de son évolution sous la houlette du DTN Serge Noah. Je pense que le Cameroun a besoin d’un championnat par catégorie. On a un vivier incontournable des jeunes qui n’attendent qu à être accompagné.

Comment faire en sorte que nos jeunes correspondent plus aux profils recherchés par les clubs européens ? On ne peut pas faire un copié collé de ce qui se fait en Europe.
L’évolution d’un joueur dépend énormément de plusieurs facteurs. La qualité individuelle de celui-ci,  son environnement, sa capacité à assimiler les choses et surtout point très important, la qualité des éducateurs sur le plan pédagogique et de l’apprentissage. Pour résumer votre question, il faut essayer de se rapprocher des exigences en fonction des catégories d’âge et surtout être patient. Un enfant change très vite de physionomie en fonction de la croissance.
Dernier point, apprendre par le jeu. S’il n y a pas de championnat par catégorie la progression est très lente et les acquis sont moins précis
.

Comment améliorer la formation camerounaise d’après vous ?
Pour améliorer la formation camerounaise, il faut des éducateurs et entraîneurs formés en fonction de leur niveau de pratique. Il faut une éducation  sportive, un plan de formation précis initié par le DTN et son staff en fonction des problématiques que nous rencontrons dans le football local.
Avant toute chose, il faut faire un diagnostic.
Ensuite, en relation avec les clubs, il faut établir les priorités en fonction des catégories d’âge, avoir un championnat régulier par catégorie. Il faudra veiller à recycler les entraîneurs tous les 2 ou 3 ans selon les thèmes pédagogiques et accompagner les clubs à mieux se structurer.

Avez-vous prévu de couvrir d’autres événements durant votre séjour ? Des matchs d’Élite One en l’occurrence ?
J’ai prévu de couvrir d’autres événements, bien entendu. Je vais regarder quelques rencontres du championnat local. J’irai également à la rencontre des entraîneurs de clubs avec l’autorisation des coachs. J’apporterai ma modeste expérience si on me le demande. Les entraineurs locaux sont pétris de qualité mais manque parfois de moyens matériels. J’essaierai d’échanger avec le Directeur Technique National Serge pour voir dans quelle mesure on peut contribuer au développement du football camerounais.

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